Le bureau se réunit pour fixer les tarifs de l'année. En une heure, la question « on cotise par personne ou par famille ? » sera tranchée — et personne ne remarquera qu'elle en cachait trois.
Les voici séparées, parce qu'elles ne se déduisent pas l'une de l'autre et que les confondre se paie au comptoir.
Question 1 — Qui paie la cotisation ?
La vraie question n'est pas comptable, elle est sociale : qui vient à la bibliothèque, chez vous ?
Dans un village, c'est un parent avec deux enfants, le mercredi après-midi. Trois cotisations individuelles pour un seul foyer qui repart avec cinq livres, ça se discute à chaque inscription — et le bénévole finit par arranger les choses à sa façon, ce qui est le début des ennuis.
Une cotisation par foyer supprime la discussion : un tarif, une date d'échéance, et tout le monde de la maison peut emprunter.
À l'inverse, une bibliothèque scolaire ou un club de lecture d'adultes n'a que des lecteurs isolés : la famille n'y veut rien dire, et le tarif individuel — souvent avec un prix réduit pour les enfants — est le bon.
Question 2 — Le quota de prêts est-il partagé ?
C'est là que le raisonnement dérape le plus souvent, parce que la réponse paraît découler de la première. Elle n'en découle pas.
Prenez trois livres maximum par lecteur. Une famille de quatre personnes emprunte donc douze livres — ce qui vide un rayon de nouveautés à elle seule. D'où l'envie d'un quota familial : trois livres pour toute la maison.
Mais l'inverse se défend aussi bien. Une famille qui cotise en une fois peut très bien vouloir que chaque enfant ait ses trois livres à lui : c'est même souvent l'argument de vente de la cotisation familiale.
Les deux réglages sont donc indépendants, et les quatre combinaisons ont chacune leur logique :
| Quota par personne | Quota partagé | |
|---|---|---|
| Cotisation par foyer | « Un abonnement pour toute la maison, et chacun ses trois livres. » | « Un abonnement, trois livres à la fois, débrouillez-vous entre vous. » |
| Cotisation individuelle | Le fonctionnement classique, chacun pour soi. | Rare, mais cohérent pour un fonds très demandé. |
Question 3 — Enregistre-t-on le prêt au nom d'un membre, ou de la famille ?
Celle-là ne vient jamais spontanément, et c'est pourtant elle qui décide du geste répété cinquante fois par permanence.
Si vous cotisez par foyer, que le porte-monnaie est familial et que le prix du prêt dépend du rayon de l'ouvrage, alors désigner un membre n'entre dans aucun calcul : ni le tarif, ni le solde, ni la cotisation. C'est une saisie de plus au comptoir pour une information que personne ne relira jamais.
Dans ce cas Lirevia permet d'enregistrer le prêt à la famille. Le comptoir ne parle plus que de foyers : on scanne la carte de la famille, puis les livres. Deux gestes de moins par lecteur, et une file qui avance.
Mais une bibliothèque scolaire cotise par famille tout en voulant savoir quel enfant a pris quel livre — pour en parler au parent, ou simplement pour retrouver le livre. Elle garde donc l'enregistrement par membre.
Deux réglages, deux questions différentes. Les confondre priverait la seconde de son suivi, ou imposerait à la première une saisie inutile.
Et le prix d'un prêt ?
Beaucoup de bibliothèques associatives font payer l'emprunt lui-même, en plus ou à la place de la cotisation. Quatre façons de le faire, et le choix se fait sur ce qui décide du prix :
- Gratuit. Le prêt ne coûte rien ; seule la cotisation finance la bibliothèque. Le porte-monnaie familial disparaît alors des écrans — inutile d'afficher un solde que personne n'alimente.
- Prix unique. Un montant, quel que soit l'emprunteur et quel que soit le livre. Le plus simple à annoncer et à tenir.
- Selon l'âge de l'emprunteur. Tarif adulte, tarif enfant. C'est le mode le plus répandu.
- Selon le rayon de l'ouvrage. Une BD au tarif réduit, un roman au plein tarif, sans regarder qui emprunte. Moins connu, mais c'est le fonctionnement réel de plusieurs bibliothèques associatives.
Un détail de conception qui a son importance sur ce dernier mode : le prix est accroché à votre rayon, pas au public indiqué sur la notice. La notice appartient au catalogue partagé — elle est la même pour toute la plateforme et vous ne la modifiez pas. Une décision commerciale locale ne peut pas reposer sur un champ que vous ne maîtrisez pas.
Et quand un ouvrage n'est rattaché à aucun rayon, le repli va vers le plein tarif, jamais vers le réduit. Un oubli de classement coûte alors quelques centimes de trop à un lecteur — qui le signalera au comptoir — au lieu de faire perdre discrètement la différence à l'association sur tout un fonds non classé.
Et les nouveautés ?
Beaucoup de bibliothèques font une exception pour les livres qui viennent de sortir. Le livre dont tout le monde parle part le jour de son arrivée, et revient un mois plus tard : la moitié des lecteurs qui l'attendaient ne le verront jamais tant qu'il est d'actualité.
La réponse habituelle tient en deux règles, et c'est la seconde qui compte :
- une durée de prêt plus courte — quinze jours au lieu de quatre semaines, pour que le livre circule pendant qu'on en parle ;
- souvent, un prix un peu plus élevé — 1,50 € au lieu de 1 € la première année, ce qui finance en partie l'achat des nouveautés.
Lirevia l'applique automatiquement. Vous indiquez combien de temps un livre reste une nouveauté (douze mois, par exemple), son tarif et sa durée de prêt ; au comptoir, le prix est calculé seul et le bénévole lit au lecteur « Nouveauté : à rendre le… ». La règle se combine avec les quatre façons de tarifer : son prix remplace le tarif habituel, quel que soit l'emprunteur, et une bibliothèque qui prête gratuitement peut très bien raccourcir le prêt de ses nouveautés sans les facturer.
Ce qui décide, c'est la date d'acquisition de chaque exemplaire. Un point à connaître si vous cataloguez un fonds existant : un livre saisi reçoit par défaut la date du jour. Pour vos livres anciens, videz ce champ au moment de la saisie — il se conserve d'un livre au suivant, une étagère entière se traite d'un seul geste. Un exemplaire sans date suit toujours la règle habituelle, et une date erronée se corrige depuis la fiche de l'ouvrage.
Le porte-monnaie familial
Dès que le prêt est payant, la question suivante est : on encaisse à chaque emprunt, ou on provisionne ?
Encaisser à l'unité, c'est rendre la monnaie sur 0,50 € cinquante fois par permanence. Lirevia tient donc un solde par famille : le foyer recharge dix ou vingt euros quand il passe, et chaque prêt s'y impute. Le bénévole n'a plus de caisse à faire pendant la file d'attente.
Un réglage à connaître : la tolérance de solde négatif. Activée, un foyer à découvert peut quand même emprunter — ce qui évite de refuser un livre à un enfant pour trente centimes. Désactivée, le comptoir bloque. Les deux se défendent ; ce qui ne se défend pas, c'est de ne pas avoir décidé.
Ce qu'il faut régler avant le premier prêt
Un point pratique qui n'a rien de théorique : la durée de prêt et les tarifs déterminent des dates et des montants inscrits dans les prêts au moment où ils partent. Les changer ensuite ne rattrape pas ceux qui sont déjà dehors.
Réglez donc, dans cet ordre, avant d'ouvrir : le mode de tarification et les deux montants, la durée de prêt, la règle des nouveautés si vous l'appliquez, le nombre de prêts simultanés et son partage familial, puis les tolérances. Un quart d'heure, une fois.
Rien de tout cela n'est définitif
Tous ces réglages se changent en cours d'année, et il est normal de se tromper au premier essai. Ce qui coûte cher, ce n'est pas de choisir mal, c'est de laisser chaque bénévole trancher à sa façon au comptoir pendant six mois.
Le plus simple est d'essayer sur la bibliothèque de démonstration : basculez d'un mode à l'autre, regardez ce que le comptoir affiche, et voyez lequel ressemble à votre permanence.
Identifiants : admin / Admin1234 pour les paramètres, comptoir / Comptoir1234 pour voir l'effet sur les prêts. La base est réinitialisée chaque nuit : vous pouvez tout dérégler.